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Page 1 sur 3 Retrouver le souffle originel
"Posture de l'Arbre" "Embrasser un arbre" "Adossé à un arbre"
Il s'agit d'une des postures les plus connues du Daoyin Qigong et qui, en Chine, connaît de multiples appellation et de multiples variantes.
Elle est réputée pour régulariser et accroître l'Energie Vitale (Sheng Qi).
Elle permet également de prendre physiquement conscience de la circulation de celle-ci au travers d'une pulsion profonde, le Grand Flux (Tai Su) qui est à l'origine de la fameuse respiration embryonnaire (Tai Xi) que certains font correspondre au "Mouvement Respiratoire Primaire" (MRP) mis en évidence en ostéopathie et qui est un mouvement profond de l'organisme qui anime celui-ci dès la conception et continue un moment encore après la mort.
Suivant les Taoïstes c'est ce mouvement de grande profondeur qui relie l'être humain au Ciel et à la Terre et qui réalise l'harmonie entre l'énergie cosmique (Shen Qi - littéralement "Souffle-Esprit") et les forces telluriques (Jing Qi - littéralement "Essence-Esprit").
Par le biais de cette pratique qui consiste à "Embrasser le Ciel en enlaçant un arbre" on régularise en profondeur cette pulsion profonde grâce à l'utilisation de la respiration consciente (Huxi) et de la visualisation intentionnelle (Yi).
Il s'agit de la recherche d'une harmonisation profonde entre la posture (Xing), le souffle (Qi), l'intention (Yi) et l'esprit (Shen) pour provoquer une transformation (Hua) ou même une mutation (Yi).
Comme dans l'immense majorité des pratiques classiques cette posture se rattache à des explications précises apportées par les textes classiques ou essentiels propres à la culture et à la pensée chinoise. Le terme "Embrasser le Ciel" provient, par exemple, du chapitre 42 du Daodejing de Laozi (Tao Te King de Lao Tseu) qui énnonce : "Le Tao engendre Un.Un engendre Deux. Deux engendre Trois. De Trois naissent les dix mille êtres qui s'adossent au Yin en embrassent le Yang recherchant l'harmonie au sein des espaces intermédiaires".
S'adosser au Yin c'est s'appuyer sur la structure, sur la terre : embrasser le Yang c'est embrasser le Ciel. L'Etre Humain peut, ainsi, s'inclure dans le Tao matérialisé par le Taiji (voir figure II) ou "Faîte Ultime". Ce Taiji, à l'origine représentait une poutre faîtière, donc ce qui est à la fois au faîte et ce qui soutient la cohésion de la maison.
Le sommet (faite) est visible mais la poutre faîtière ne l'est pas...elle n'en est pas moins essentielle. Cela explique que le sommet est unique mais que le Taiji peut varier. Un sommet est toujours un sommet mais une montagne ne ressemble pas à une autre montagne. Ni une poutre à une autre poutre.
Il est donc normal que cette posture, bien que considérée comme unique et essentielle, puisse varier suivant les écoles et les enseignements. De plus l'enseignant n'est, somme toute, que le guide qui indique au pratiquant le meilleur moyen d'atteindre le sommet de la montagne. Il peut même aider celui-ci à gravir la pente et à franchir les difficultés mais il ne peut pas remplacer la pratique personnelle de ce pratiquant.
Dans cette posture l'Unité (Un) demeure la cohésion de l'ensemble. On doit se sentir "Entier comme le bois brut" (Chapitre 15 du Daodejing). Tête, corps, bras, jambes forment une Unité fondamentale.
Deux est ce qui différentie Yin/Yang : haut ou Grand Yang (Ciel) et bas ou Grand Yin (Terre); gauche ou Est (Petit Yang) et droite ou Ouest (Petit Yin); intérieur (Nei) et extérieur (Wai); face et dos; inspire (Xi) et expire (Hu), pensée (Shen) et acte (Dong).
Trois est la relation subtile entre la Terre, l'Homme et le Ciel; la naissance, la vie et la mort; le début, le milieu, la fin, symbolisé par le caractère Wang, l'empereur ou par les figures symboliques du carré (Terre), du triangle (Homme) et du cercle (Ciel). Les "dix mille êtres" ne sont que la multitude dont chaque représentant est un individu ( du latin individis, unique, qui ne peut être divisé...).
Pour les sages taoïstes chinois cette multitude est à la fois Ren, l'humanité et Ren l'individu, l'être humain unique. Qu'il soit, par ailleurs, homme ou femme, jeune ou âgé, fort ou faible, riche ou pauvre. Lorsque cet être "s'adosse au Yin", donc à la terre, celle-ci confie son énergie essentielle (Jing Qi) qui s'élève et pénètre le dos. Lorsqu'il embrasse le Yang, donc le Ciel, celui-ci engendre son énergie spirituelle (Shen Qi) qui descend et pénètre la face. Cet être se trouve ainsi dans la position d'un accumulateur qui se recharge peu à peu en profitant au mieux des énergies cosmiques (Shen Qi) et des forces telluriques (Jing Qi) qui s'animent en lui dans le "Grand Flux" (Tai Su).
Il est alors dit que "Les bras enlacent le Ciel, le courage enlace le corps, l'énergie vitale enlace les organes".
Il demeure au pratiquant, par le biais de la méditation, de bien harmoniser ce flux et, éventuellement de le canaliser vers un méridien ou un groupe d'organes.
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